CTPC
du 4 octobre 2004
Monsieur
le Président,
Une fois de plus nous
voilà réunis autour de cette table dans une instance dite "de
concertation" pour parler de sujets importants impliquant les personnels
des DRIRE.
Permettez-moi tout
d'abord, Monsieur le Président, de vous poser une question que je qualifierai
de "brut de décoffrage" : quelle
légitimité avons-nous, avez-vous, au sein de cette instance fantôme ?
Je m'explique : depuis
des mois que l'on nous annonce la création de la DGE, de la DARQSI, les
personnels ne savent vraiment plus de quelle direction ils dépendent.
Votre réponse permettra,
je l'espère d'éclairer l'horizon particulièrement sombre des personnels des
DRIRE.
En effet, et ce n'est
pas faute de vous l'avoir dit à de nombreuses reprises, les personnels des
DRIRE, toutes catégories confondues, formulent les plus grandes craintes quant
à leur avenir.
Après avoir vécu le
démantèlement des activités métrologiques, appareils à pression, nous voilà
aujourd'hui en pleine hémorragie des activités de contrôles techniques et de
développement industriel, amputant du même coup les DRIRE de 25 à 30 % de leurs
personnels.
Curieusement, mis à part
les agents directement impactés, personne ne semble vraiment s'émouvoir de
cette tragique situation, surtout pas ceux qui en sont à l'origine.
Je pense notamment à
ceux qui ont contribué au cloisonnement hermétique des différentes activités
des DRIRE, dont le but essentiel, n'était pas tant de gagner en efficacité, mais
de se valoriser au travers d'activités dites nobles. Je vise, vous l'avez
sûrement compris, les activités d'environnement.
Malheureusement, ce que
n'avait pas prévu cette élite, c'est qu'une réforme peut en cacher une autre.
Par exemple, quand on
analyse les projets présentés récemment par la DPPR en matière de modernisation
de l'inspection, projets qui prévoient entre autres :
·
une réorganisation
profonde des structures départementales actuelles,
·
le renforcement démesuré
des divisions environnement
·
la séparation des
missions d'inspection de celles de l'instruction,
on
a de quoi formuler les plus grandes craintes.
Ces projets font peser
de très grandes menaces sur la pérennité de certaines missions, notamment
celles d'inspection, mais aussi et surtout sur les personnels encore présents
au sein des DRIRE.
Je vous le dis
solennellement, Monsieur le Président, les DRIRE, en se sabordant comme elles
le font, courent à une mort certaine, en quelque sorte à un suicide collectif.
Mes propos sont
également étayés par la réflexion actuellement en cours au sein de votre
direction sur la réorganisation des DRIRE à l'issue de la phase
d'externalisation des contrôles techniques.
Dans ce dossier, le SUI
dénonce le manque de transparence dont la DARPMI a constamment fait preuve. Je
fais référence au rapport de Monsieur GOELLNER du 9 mars 2004 qui confirme
l’analyse que je tiens à développer. Monsieur le président compte tenu des
répercussions de ce rapport, le SUI vous demande des éclaircissements et un
débat sur ce rapport.
Cette réorganisation,
qui au passage est conduite d'une très mauvaise manière par les DRIRE, sans
intégrer l’aspect humain, va avoir de très grandes répercussions sur l'avenir
des personnels en particulier sur les aspects de mobilité géographique.
Pour le SUI, les DRIRE
ne peuvent durablement exister sans une remise en cause totale de leur mode de
fonctionnement.
Pour alimenter le débat
et tenter de sauver ce qui peut encore l'être, le SUI propose de lancer une
réflexion sur le bien fondé de la séparation des activités actuelles des DRIRE.
En effet, à l'heure où les notions de taille critique pour maintenir telle ou telle compétence voire telle ou telle entité
géographique, la séparation des activités est une menace importante pour les
agents.
Le SUI propose donc une
réflexion sur le sujet, réflexion qui pourrait être menée dans le cadre de la
réorganisation des DRIRE et de la modernisation de l’inspection.