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CTPM du 24/10/2006 « Budget » Liminaire FDSU

 

Monsieur le Président,

 

Pour plus tardif qu’il soit par rapport aux années précédentes, ce CTPM classiquement baptisé « CTPM budgétaire » ne se démarque en rien des précédents, sauf à dire qu’il accentue encore les effets néfastes d’une politique budgétaire et fiscale qui met à mal notre « modèle social » et détruit peu à peu les ingrédients du pacte social dans notre pays.

 

Dans son discours du 27 septembre dernier présentant son PLF 2007, M. BRETON a évoqué « la responsabilité politique » du gouvernement et a souligné que le « budget 2007 est le budget d’une année électorale majeure » et de rajouter que « ce budget, vous allez voir ce que vous allez voir, est un budget vertueux ! » Et à l’appui de cette déclaration, notre Ministre précisait, je cite : « Ce budget n’hésite pas à réduire les postes de fonctionnaires quand cela est documenté par des audits ! ».

 

Alors je vous le dis d’emblée sur ce dernier point : audit ou pas, de toute façon, cela fait des années que le Minéfi trinque en matière d’emplois et que les suppressions se multiplient au sein de toutes les administrations.

 

Mais quelques mots d’abord sur la conception de ce PLF 2007.

 

« Budget 2007, budget d’une année électorale majeure ! »

 

Dans l’opinion publique, la question de la place et du rôle de l’impôt suscite trop peu d’intérêt. Pour ce qui nous concerne on ne peut que le déplorer, mais la FDSU prendra toute sa place dans le cadre de l’information du public pour qu’une année électorale majeure, ne se déroule pas sans mettre la question du financement de notre « modèle social » au cœur des débats politiques du printemps à venir. Dans un contexte européen où l’idée de concurrence fiscale menée avec frénésie prévaut sur toute idée de construction européenne basée sur l’harmonisation fiscale, la FDSU poursuivra sa démarche de contre discours et de bataille contre les idées reçues en termes de « politiques vertueuses » qui serviraient l’intérêt de tous les citoyens !

 

Une large partie de l’opinion semble croire que l’impôt sur le revenu est le principal impôt en France alors qu’il ne représente que 16,5 % des recettes de l’Etat. Une donnée à mettre en rapport avec la TVA qui apporte, elle, 48% des recettes fiscales. Je n’ai pas le souhait de rappeler ici, des chiffres que tout le monde connaît : ceux de la réalité des cadeaux fiscaux faits à un petit nombre.

 

Mais tout de même :

Les baisses du barème de l’impôt intervenues en 2002, 2003 et 2004 ont livré un résultat éloquent :

-          la baisse de 5% a profité pour 69% aux 10% des foyers les plus riches

-          celle de 1% en 2003 a bénéficié pour 56% aux 4,5% des foyers les plus riches

-          et celle de 3% en 2004 a profité pour 45% aux 2,9% des foyers les plus riches

 

Edifiant non ? …

 

Les effets pour 2005 et 2006 sont naturellement inscrits dans cette tendance lourde ; les riches toujours plus riches, les pauvres toujours plus pauvres.

 

Et que bondissent de joie « les gazelles » !

 

Bien entendu, la question de l’impôt doit être replacée dans un contexte plus large touchant aux services publics que l’impôt finance. Or, on mesure dans les sondages de tous les instituts comme dans la pratique quotidienne, un lien très fort entre les français et le service public.

 

En novembre 2005, l’IFOP notait qu’une très forte majorité de français (89%) exprimait son attachement au maintien des services publics dans les communes rurales même si leur activité est faible. Combien de familles pourraient financer l’éducation de leurs enfants sur leurs propres fonds, lorsqu’on sait que le coût d’un élève est de 4 530€ par an à l’école primaire et de 7 150€ par an au collège ? Ces éléments, quel meilleur moment pour les rappeler que celui d’une année électorale majeure ? …

Et puis il faut rappeler que le montant de la fraude fiscale estimée aux alentours de 45 milliards d’€ par an équivaut au déficit budgétaire annuel rappelé par M. BRETON le 27 septembre dernier, ça ne pourra pas nuire au débat public !

 

Des services publics de qualité : une réelle aspiration de nos concitoyens assurément ! Alors que leur dire sur l’évolution de cette qualité au sein des administrations du Minéfi ? Au-delà des grands coups médiatiques multipliés dans les derniers mois quelle est la réalité pour les agents qui « servent » au sein de notre ministère ?

 

La dissonance est assourdissante !

 

Sur plus de 15 000 suppressions d’emplois, ce PLF 2007 consacre près de 3 000 suppressions d’emplois dans le seul Minéfi ! Les agents disent « stop ça suffit ! ». La qualité du service public n’est plus au rendez-vous, quoique vous en disiez !

 

Nos collègues des Douanes, au-delà de nos échanges de ce matin, témoignent aujourd’hui dans le cadre d’une intersyndicale la plus large, d’un état de confrontation majeure entre les analyses réalisées dans le cadre du rapport CAILLETEAU (repris par les Ministres et le Directeur Général des douanes) et une réalité du terrain confortée par des données issues d’un document produit par la Banque Mondiale. Au passage, on ne saurait « taxer » ce document de partial quand on connaît cette institution. Alors à quand de réels échanges sur le bien fondé de cette réforme que vous portez ? Disons le sans ambages : la principale justification de la réforme ne tient pas debout.

 

A la DGCCRF : même constat, le dialogue social est rompu et là aussi l’intersyndicale la plus large témoigne d’un malaise profond.

 

Parmi d’autres sujets un motif essentiel : une remise en question des règles, unilatéralement, supprimées en matière de gestion des personnels. L’évaluation – notation a largement perturbé le climat social et là, la Direction Générale de la DGCCRF en remet une couche pour effectuer des promotions au choix après les modifications sur les mutations. Les agents ne sont pas des pions : le dialogue social est en panne. Que comptez-vous faire, Monsieur le Président, notamment concernant la demande d’audience formulée par l’intersyndicale ?

 

Dans le secteur de l’Industrie

Après les propos apaisants lors du CTPM du 7 juillet dernier, quant au devenir des DRIRE au sein du Minéfi, les agents et les représentants du personnel découvrent fin août que la décision est bel et bien prise de fusionner 2 services indépendants chargés d’environnement , les DRIRE et les DIREN.

 

Les personnels des DRIRE sont fatigués de devoir subir depuis plus de 15 ans réforme sur réforme. A chaque fois celles-ci s’accompagnent de pertes de missions et de la dégradation de leurs conditions de travail, sans compter la dégradation de la qualité du service public. Les agents ne sont pas des pions !

 

Peut-on privatiser toute sorte de missions régaliennes sans, à terme, mettre en danger la sécurité des citoyens ? Peut-on faire croire à nos concitoyens que le « privé » saura mieux assurer leur sécurité que l’Etat, et ce à moindre coût ?

 

Comment peut-on faire croire que le contrôle de sécurité équitable rime avec obligation de profit ?

 

Et là aussi le constat est fait : le dialogue social est au pire et le mépris pour les agents s’affiche de plus en plus nettement.

 

Que comptez-vous faire Monsieur le Président ?

 

A la DGI

Les mêmes causes produisent les mêmes effets, et là aussi la crispation atteint un degré de gravité alarmant en cette fin d’octobre. Les suppressions d’emplois massives ne peuvent plus être digérées par de multiples réformes organisationnelles ou structurelles, la déréglementation des règles de gestion est à l’œuvre.

 

Plus un agent n’est dupe d’une stratégie globale de déstructuration de cette administration et de la mise à mal de tous les repères (je dis bien tous les repères) qui permettaient aux agents de ne pas se transformer en « derviches tourneurs ». Les  agents ne sont pas des pions

 

Aujourd’hui, là encore, une intersyndicale la plus large (98% des personnels) témoigne d’un ras-le-bol face à l’ensemble des effets néfastes des réformes et le dialogue social est en panne !

 

Tous les secteurs de ce ministère révèlent aujourd’hui un fort mécontentement autour de multiples sujets :

-          pouvoir d’achat (pertes constantes depuis des années !) ;

-          conditions de travail, de vie au travail ;

-          déréglementation des actes de gestion ;

-          flicage et pression permanente par des méthodes de management inappropriées et des batteries d’indicateurs envahissantes.

 

En agrégeant tous les effets mécaniques des divers outils de la réforme de l’Etat (contrats de performance, réformes structurelles, organisationnelles, fonctionnelles, management inapproprié, système de l’évaluation – notation, cap locales, déréglementation de la gestion des actes concernant la carrière des agents, la LOLF, etc.) vous instaurez une déshumanisation totale dans la gestion des ressources humaines.

 

Bref, en mots simples, les personnels veulent retrouver le respect et la reconnaissance des personnes qui assurent les missions du service public républicain !

 

Aujourd’hui, les agents de ce ministère vous disent leur ras-le-bol ! Ils vous disent leur ras-le-bol en clamant depuis plusieurs mois leur conception du service public, leurs aspirations à une reconnaissance de leurs légitimes revendications et pour cela je vous demande, Monsieur le Président, d’alerter les Ministres sur la nécessité pour eux de mesurer la gravité de la situation et l’urgence à rétablir les conditions du dialogue social. Ils doivent entamer de réelles négociations sur tous les sujets que nous avons évoqués.

 

Merci.

 

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