BARBECUE BRULANT !
Souvenir de vacances !
Mon propos ici, n'est
pas de vous faire un exposé sur la sécurité que doit engendrer l'utilisation de
l'indispensable outil, chargé de cuire notre alimentation estivale. Non ! Cette
sympathique coutume, est devenue d'un telle banalité que l'on s'en sert pour
mettre le feu à nos belles forêts, avec précipitation et insistance; et
d'ailleurs…
Brûlons donc les faits ; invités Madame et moi à un barbecue par une de ces belles soirées d'été, nous partîmes plein d'espoir pour une soirée annoncée des plus conviviales, entre personnes de connaissance. Et pour faire venir les retardataires, nos hôtes servent l'apéro. Nous n'avions pas fini le service qu'ils sont arrivés : Daniel et Berta sa femme ! Donc on s'aligne à un apéro chacun, fin du premier service, deuxième service : je précise cela parce que par la suite le lecteur pourrait s'imaginer des choses. Et bien pas du tout, deux services et à table. Je trouve la conduite de mon hôte que je connais en d'autres manières plutôt prévoyant et même surprenant par rapport à d'autres occasions passées. Ce qui me laisse un petit peu sur ma soif ! La discussion en ces instants fût des plus correctes et des plus convenables ; c'est après hélas, que les choses se gâtèrent !
D'emblée notre Berta (menue elle), soutenue par son Daniel de mari, (il l'a ramenée de son service en Allemagne, mais d'origine caractérielle bien germanique ; lui aussi a la tête vide et obstinée), alors que nous n'étions pas encore assis à la table de ripailles, s'en sont allés en guerre d'entrée ainsi et tout de GO :
"Ça irait mieux si y avait pas tous ces fonctionnaires, avec leurs avantages… Et qui n'arrêtent pas de faire grève… Et qui veulent se faire payer les jours de grève… ! " Moi, vous me connaissez, patience point trop n'en faut, par correction je laissais mon hôte s'en sortir, puis voyant l'obstination inculte s'installer, j'entrepris d'informer avec mon hôtesse elle aussi fonctionnaire (non-gréviste), ces français d'en dessous, encore plus pauvres gueux que nous. Et oui, plus gueux que gueux, ça existe !
Ah ! Que n'ai-je entendu entre brochettes et merguez, et le dessert : une tarte aux pommes que j'avais apportée, et qu'il fallut encombrer de crème chantilly pour faire comme en germanie, car Berta, ne peut concevoir un gâteau sans crème chantilly. Bon poussons le savoir-vivre jusque là. Nous avons donc mangé la tarte aux pommes à la chantilly chaude ! C'est pour vous dire la bonne volonté que j'y ai mis. Le rosé frais rapidement et heureusement limité lui, n'aida point à l'entente cordiale. Que n'avons nous voulu aider ces deux là ! Nous "les fonctionnaires, grévistes, qui empêchons les travailleurs d'aller au boulot, parce qu'en plus nous sommes tous syndiqués à des syndicats politisés à gauche", …
Dis moi quels syndicats, osais-je ! La CGT (là ce n'est pas faux), le P.C (là erreur mais excusable, la mixité est tellement étroite…), et comme fonctionnaires : La SNCF (là erreur !) Et puis vous avez plein d'avantages ; Ah ! Oui lesquels ? Vous partez à la retraite avant les autres, (en ce temps là), vous avez plein de primes, vous ne payez pas d'impôts…. Moi : Et qu'est ce qui n'est pas politique ? Et de quelques exemples ! Et puis, de nature et de faits les syndicats généralement (!), à gauche, revendiquent les conditions, contre le syndicat patronal le CNPF, à droite ! : i n u t i l e s et dé-ses-pé-rant !
Stop ! S'en est trop je veux rentrer à ma maison ! Je vais vomir indisposé par la connerie : mais j'ai reçu une éducation certaine et je me dois de rester. Alors j'entrepris de remettre la SNCF à sa place, les primes à la leur, et de sauver le syndicalisme pouvant submerger dans cet amalgame d'ignorance et de bêtises. Mais emporté par son élan le Daniel cet homme de la quarantaine, (là, Berta s'est rangée des meubles), m'entreprit sournoisement sur la priorité que certains anciens militaires avaient sur lui dans l'emploi ; comme gardien pour rester le cul sur la chaise à noter les numéros des véhicules qui entrent et sortent de l'entreprise ! On ne l'avait pas pris lui, on avait préféré un ancien adjudant de la gendarmerie. Pas étonnant ! Alors que lui, monsieur, il est déclaré à la SOCOTEC pour son dos, et le docteur du travail, lui a dit qu'avec un dos comme ça il devait plus travailler ; mais la Sécu à refusé… Et que d'ailleurs il allait se faire pensionner, car il en connaît qui n'ont rien et sont pensionnés, et lui qui a été un sportif de haut niveau…
Nous n'avions qu'un tord abject : c'est d'être fonctionnaire, moi d'être syndicaliste, d'avoir des ambitions pour mon prochain, et d'avoir des revendications. Bref ! Je le rassurais sur l'avenir prochain où nous serions à la retraite un jour ou l'autre, et où nous deux, faute de fonctionnaire, nous devrons attendre encore plus longtemps derrière le comptoir à la mairie ou au service des cartes grises… Mais nous aurons le temps ! Là je touchais un court instant, j'en profitais pour lui dire que les primes ne comptaient pas pour la retraite et représentaient 42% de mon traitement. Alors il se leva pour argumenter encore plus fort … D é s e s p é r a n t ! A propos ancien plâtrier entre autres, le travail au noir ne lui fait pas peur et pour rééduquer son dos il pratique la moto avec son amour de Berta ! Donc, pour l'aider à réaliser son ambition, "se faire pensionner", je lui conseillais, sournoisement, d'aller réclamer de l'aide auprès d'un spécialiste de la chose dans un syndicat de son choix, et c'est reparti mon Kiki !
Le surlendemain, je revoyais mon hôte ex-patron, qui n'avait pas été surpris, il connaissait les mordants, mais se sont des bons, dit-il. Je le priais cependant, de m'éviter leur compagnie à l'avenir, ce qui devrait me permettre de couler des soirées dans des humeurs plus conformes à mon esprit, et à ma grande culture (comparativement) : il faut bien finir par s'embourgeoiser que diantre ! Cette histoire est hélas véridiquement authentique, malgré l'invraisemblance des propos qui y sont relatés, l'auteur n'aurait pu l'inventer, et en atteste !
Moralité : fonctionnaires vivez cachés, syndicalistes pratiquez la clandestinité : la chasse est ouverte, les chiens ont été bien dressés, la connerie (le conditionnement), flingue à bout portant ! Et L'Organisation Mondiale du Commerce et des Services a de beaux jours devant elle !
Le Père Duchène.