HEUREUX PATRONS !
Ou le Syndicalisme dévalorisé !
"C'est de la faute des syndicats !" Que ne l'a-t-on entendu, c'est l'excuse facile des directions, en lutte contre leurs personnels. Les intellectuels ont beau nous expliquer que ce sont les contres pouvoirs qui font avancer les pouvoirs. Ils oublient toujours de préciser que les avancées sont servies la plus part du temps, aux mêmes, c'est-à-dire aux "patrons". La justice des profits sociaux passerait-elle par une plus juste répartition ?
Aujourd'hui les valeurs humaines, au sens humaniste ne sont plus considérées. Partie négligeable et problématique dans sa partie intrinsèque, l'homme objet ne doit être dévot que de la Sainte Production. Les directions des Ressources Humaines portent bien leurs noms : ressources avant humaines. Humains relégués au deuxième plan. Intéressant si l'humain est une ressource. C'est la ressource représentée qui est gérée, des hommes et des femmes en qualité de marchandises oui, en qualité humaine NON ! Vos problèmes vous valent licenciement, donc pas de problèmes. Je reçois la paye que l'on veut bien me donner, merci patron, et je m'en vais vite courir ma place dans le foyer qui me fera la charité pour me loger. L'exploitation ne permet même plus de se loger. En d'autres temps cela s'appelait ESCLAVAGISME !
Contente-toi de peu, ne ramène pas ta gueule, et rapporte un max à ton bon maître.
Voilà, la devise du travailleur isolé. D'autres s'enhardissent, voulant croire au bon sens et à l'objectivité de leur exceptionnel patron, et s'étonnent quelques mois plus tard de faire partie d'une charrette. Ah ! Le bon vieux temps où l'on coupait les têtes des profiteurs de misère et des jouisseurs de malheur !
Il m'a été donné ces derniers temps de voir un reportage télévisé où il était fait l'éloge, d'un endroit retiré en France. Si, c'est vrai ! Il y avait des patrons péjorativement appelés petits qui, dans leurs entreprises familiales, géraient leurs personnels sur la valeur humaine et la qualification. Ils expliquaient qu'ils n'avaient pas besoin de jouir de revenus incommensurables, qu'ils étaient heureux de fournir du travail et de faire vivre une vallée… Il faut dire que ces patrons-là, portant joliment costume cravate, en imposaient en compétence et avaient hélas un âge certain. Je dis hélas, parce que quand ces dinosaures auront disparus qu'adviendra-t-il de ces vallées vivantes ? Mais cela m'a fait chaud au cœur, comment cela est-il encore possible ? Incrédule, je les croyais tous complètement dopés, de challenges, de contrats d'objectifs, de production, de traçabilité, de…, et de…, Mon Dieu, j'étais dans l'erreur ! Malgré toutes les messes de médefesse, cela existait encore…, cela est donc possible ?
La lutte internationale si souvent invoquée par les patrons ne serait-elle que calcul ou encore un leurre pour mieux nous exploiter ? Je n'irais pas jusqu'à soutenir cela, la concurrence existe belle et bien, mais elle ne devrait pas être manipulée outre décence pour s'en mettre encore plus dans les fouilles.
D'accord, d'accord, je vais tourner court : l'impôt tue l'impôt…
Mais le contrôle des profits serait-il si difficile à faire ? Pardon je ne veux pas vous tromper et je sais très bien ce que sont les représentants du peuple, et les gouvernants. La plupart d'entre eux, pour ne pas dire la majorité, sont des patrons, ou parents de grandes familles, et encore amis de ces fortunes aux rapports de 17% l'an.
Et le syndicalisme là dedans : il vivote, il survit, attendant un hypothétique réveil social, en essayant de lutter contre ses propres maux qui le desservent, et ternissent sa représentativité. Les patrons vous remercient par moments messieurs les politiciens-syndicalistes.
Nous au SUI, avec notre fermeté et notre façon de mettre le doigt où ça fait mal, de dire, répéter, rabâcher nos craintes et nos revendications, nous avons obtenu bien des réussites pour tous les agents lors de la privatisation des contrôles techniques en DRIRE (affiliés ou non). La démonstration n'est plus à faire, seule une part d'objectivité suffit.
Alors, croyant bien faire les non affiliés au SUI, les attendistes et autres égarés, rejoignez-nous à l'heure d'être efficace, de renouveler vos adhésions ou de vous responsabiliser syndicalement.
"A ne rien oser, de peur de perdre le peu que l'on possède, c'est perdre encore plus que de s'investir !" C'est le théorème d'X; mais vas-y leur faire comprendre ça !
Nous risquons d'être encore longtemps des choses négligeables.
Le Père Duchène.