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La ROUE TOURNE.

Funeste prévision !

 

            Que la roue tourne, et tourne vite ! Hier, il y a de cela quelques mois, le ciel nous tombait sur la tête, par l'annonce de "l'externalisation" des contrôles des véhicules poids lourds. Nous, nous débattions, appelant à l'aide nos collègues dits "supérieurs" de notre grande et si peu solidaire maison, demandant un collectif syndical pour se mobiliser contre ce qui nous paraissait une injustice autant qu'une erreur monumentale. C'est avec un sourire, certaine fois, que l'on nous répondait : " Mais de quoi vous plaignez vous, ils ont écrit que vous resterez fonctionnaire et que vous ne perdrez rien à vos revenus ! Et encore : – Moi si demain le gouvernement décide de me faire faire autre chose, eh bien j'irai! Je ne vois pas en quoi cela pose problème; j'irai où le devoir m'appellera ! " Me disait un jeune perroquet sortant des écoles.

 

            Eh bien, nous y voilà ! Le 15 décembre vous appeliez à une mobilisation contre la dissolution des DRIRE. Car nous sommes d'accord sur ce point il s'agit bien de cela. Mais au cas où encore une fois vous auriez la mémoire défaillante, je vous rappelle que je vous l'aviez prédit dans ces lignes, et en d'autres lieux et circonstances, d'autres, représentants avaient formulés cette prédiction autrement funeste aujourd'hui, et qui ne vous prête plus à sourire mes beaux Seigneurs. Car c'est un fait, lorsque cela vous fût prédit, en diverses réunions plus ou moins publiques, comité technique et autres rencontres annuelles, il en était un certain nombre d'entre vous qui souriaient alors ; eh ! bien, à ceux là je dis : dansez maintenant !

 

            Je ne me réjouis pas de la dissolution des DRIRE, je compatis à la stupéfaction des uns, la surprise des autres, car la culture qui leur a été injectée ne leur permet pas d'admettre que des "inférieurs" puissent avoir raison, ou pire puissent s'exprimer de façon résonnée et descente.

            Franchement je ne vois pas pourquoi vous nous interrogez sur la non participation du S.U.I à votre appel (à marquer dans les anales)  à la grève du 15/12/2003. Vous avez craché en l'air et aujourd'hui cela vous retombe sur le bout du nez. Rien que de très logique à tout cela. Autant qu'il m'en est été rapporté, il semble qu'un certain nombre d'entre vous, techniciens et ingénieurs, trouvent la chose très logique en soit.

 

Au demeurant, ingénieurs ou techniciens vous êtes et demain vous resterez ! Mais ce qui vous dérange c'est éventuellement de devoir aller le faire ailleurs. Tiens, tout comme nous ! Ah ! Ce doit être cette égalité dans les conséquences qui vous dérangent ? Je comprends mieux votre ardeur soudaine, votre surprenante mobilisation ; un instant j'ai failli croire à votre désintéressement personnel, sus planté par votre disponibilité patriotique. Mais il n'en est rien, vous êtes aussi bassement matérialiste que nous, voir plus, car vous n'hésitiez pas à nous abandonner à notre triste sort, en profitant à l'occasion, de quelques avancées statutaires si brillamment réclamées dans votre historique courrier, "innommable" ! 

A vous croire si supérieur, vous en devinrent obtus, l'orgueil rend aveugle c'est bien connu.

 

Aussi essayez vous de vous rattraper dans vos revendications en y incorporant celles des ex Experts, alors que vous savez très bien que notre cause est entendue, négociée, et bien par le SUI/FDSU. Ce n'est que du sauvetage en période préélectorale que vous tentez de faire, car ça murmure dans vos rangs, et la défection couve. Alors encore une fois, vous avez cette réaction de profit qui vous mange la morale, et vous ne pensez qu'aux élections professionnelles en faisant tout cela !

Car au fond, après avoir laissé faire les choses en ce qui nous concerne et suivi insidieusement les évènements, connaissant le résultat obtenu par les collègues de l'éducation nationale cet été, vous savez très bien que ce n'est pas une journée de grève qui ébranlera le libéralisme établi aujourd'hui.

 Donc, tout cela n'est que calcul et ambition, allons à la veille de mourir soyez honnête, pour partir l'âme sereine, convenez-en !

                                                                                              Débusqués !

                                                                                               Le Père Duchène.

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