
C.R Entrevue Cabinet du MEDD et le SUI
Comme
cela s’est récemment fait avec le cabinet du ministre délégué à l’industrie (cf CR du 14 mars 2006), le SUI a été reçu le 10 mai dernier
par le cabinet de madame OLIN, ministre de l’Ecologie et du Développement
Durable.
Cette
entrevue s’est tenue en présence de
·
MM : BRILLET directeur adjoint du cabinet et
NEBON conseiller technique
·
Jean Pierre FRILEUX, Chantal CRAIPEAU, Alain
XIMENES, Claude ALLIOT et Thierry GODINEAU pour le SUI
L’objectif prioritaire
de cette demande était de faire le point sur le projet de rapprochement du
réseau DRIRE et de celui des DIREN pour lequel 5 expérimentations sont
actuellement en cours.
En préambule monsieur
BRILLET informe que madame OLIN, absente aujourd’hui, l’a chargé de nous
recevoir. Il rappelle tout l’attachement qu’elle porte au respect du dialogue
social.
Monsieur BRILLET
confirme également, qu’à la suite de nos différentes demandes, monsieur TROUVE,
directeur de la DPPR, propose de nous recevoir à une date à convenir et ce pour
traiter des aspects beaucoup techniques concernant nos activités et en
particulier le PMI, Plan de Modernisation de l’Inspection.
Le SUI qui vient d’être
destinataire du courrier du DPPR indique qu’il répondra favorablement cette proposition. Jean Pierre Frileux
présente succinctement son organisation syndicale en prenant soin d'indiquer
qu'elle était représentative de l'ensemble des personnels des DRIRE.
Il est proposé d’arrêter
l’ordre du jour de la manière suivante :
·
Expérimentations de
rapprochement DRIRE/DIREN
·
Plan de modernisation de
l’inspection
·
Point sur les audits
COPPE
·
Création de l’autorité
de sûreté nucléaire
Monsieur BRILLET
rappelle les différentes étapes de ces expérimentations. Lancées fin 2004 elles
sont effectives depuis mars 2005 dans 5 régions. Dans tous les cas de figure
les «directeurs expérimentateurs» sont nommés directeurs communs sur les 2
entités. Le principe de la réversibilité des expériences est de nouveau
réaffirmé par le directeur de cabinet.
Il est indiqué que les
expérimentations sont suivies par la DARQSI et la DGA (Direction Générale de
l'Administration du MEDD) ainsi que par les inspections générales des 2
ministères.
Les enquêtes d'évaluation
sont maintenant terminées. Les rapports sont en cours de rédaction et devraient
très prochainement être remis aux ministres. Le chef de cabinet déclare que
madame la ministre a demandé sur cette affaire la plus grande objectivité et
précise qu'aucune position de principe n'est préétablie.
Le SUI se fait l'écho
des vives inquiétudes des agents des DRIRE face à ce projet de rapprochement.
Il rappelle que les personnels DRIRE subissent depuis une quinzaine d'années de
très nombreuses réformes dont les conséquences se sont toutes soldées par des
abandons de missions souvent traumatisants.
Le SUI précise que les
DRIRE sortent à peine d'une profonde réforme (VT 2005) et que les agents ont
besoin de souffler pour repartir sur de nouvelles bases. Selon lui une
évolution profonde des structures n'est envisageable que si les conditions
suivantes sont respectées :
● maintien intégral des missions des DRIRE
● maintien du rattachement de la nouvelle structure au MINEFI
● refus de toute suppression de poste
● maintien des rémunérations
et
bien entendu de mettre en place un dialogue social à la hauteur des enjeux.
Sur le sujet particulier
des personnels administratifs le SUI a été d'une grande fermeté pour dire qu'il
s'opposera à toute tentative de réduction d'effectif initiée par d'éventuels
rapprochements physiques de structures.
Selon le chef de cabinet
le projet de fusion des réseaux est envisagé sans aucune modification du périmètre des missions, que ce
soit côté DIREN que du côté DRIRE. La recherche de synergies entre les 2
structures est au contraire souhaitée afin de trouver le meilleur équilibre
possible entre développement économique et développement durable. Un
rapprochement des structures devrait permettre d'offrir aux usagers plus de
transparence et d'homogénéité.
Le SUI se déclare être
d'accord sur les principes énoncés, en particulier sur la recherche de
synergies entre les services. Il fait toutefois remarquer que cette notion lui
paraît surprenante pour ne pas dire contradictoire avec les positions vécues
ces dernières années en DRIRE où tout à été fait pour séparer les activités
économiques des activités d'inspection.
Pour ce qui concerne le
rattachement de la future structure, il semble qu'à ce stade aucune
modification ne soit envisagée, la double tutelle, déjà évoquée, étant de
nouveau évoquée.
Plan
de modernisation de l’inspection (PMI):
Le SUI fait part de ses
profonds désaccords concernant le PMI. En tout
premier lieu il regrette de ne pas avoir été associé aux négociations menées
sur le sujet. Il dénonce que les
renforts visés par ce plan sont loin d'être à la hauteur des annonces faites
par les ministres après l'accident de Toulouse. Enfin, le SUI constate que
l'affectation des renforts qui s'est prioritairement faite en divisions EISS ne
répond ni aux besoins du terrain ni aux aspirations des citoyens.
Par ailleurs certains
aspects développés dans ce plan méritent un large débat pour être validés. En
particulier, la mise en place d’équipes qui alourdiront encore les
transmissions de dossiers et retarderont les réponses aux usagers posent problème. De plus, ces nouvelles organisations
risquent d’augmenter les difficultés déjà existantes de communication et de
compréhension entre les divisions et le terrain.
L’ensemble de la
problématique sera abordée avec le DPPR (MEDD) qui a
proposé une rencontre au SUI.
Pont sur les audits
« Copé » relatifs aux
installations soumises à déclaration:
Le
SUI note que l’audit met en exergue
l’incapacité de l’État à assurer ce contrôle et que, par conséquent, il est
souhaitable de faire effectuer cette mission par des organismes tiers.
Cette
délégation, si elle ne fait pas perdre d’emplois directs permet malgré tout un
véritable gain en personnel lié au fait que ce système permettra d’effectuer un
contrôle qui aurait demandé plus de 300 agents s’il devait être réalisé par
l’administration.
A
l’instar de ce qui c’est fait pour le contrôle technique de VL le SUI déclare
que ces missions auraient dû relever de la compétence de l’administration (des
DRIRE notamment). Cette position est d’autant plus vraie que le réseau DRIRE
aurait eu les moyens d’assumer ces missions si l’on avait eu la volonté de
conserver et de former les 250 techniciens du MINEFI que la DARQSI a reclassé
avec grande difficulté dans différents services.
Création d’une autorité indépendante de la sûreté
nucléaire :
Le
SUI fait part de ses doutes de voir par la création de cette nouvelle entité
une réelle indépendance s’instaurer, les membres dirigeants étant désignés par
les politiques. De plus ces nouvelles
missions de contrôles (sources nucléaires des cabinets de radiologie,
dentaires) sont directement déléguées au privé. Enfin, il sera possible à cette
autorité d’embaucher des contractuels.
Pour
toutes ces raisons, le SUI indiquent sa grande méfiance quant à une meilleure
efficacité de la sûreté nucléaire et son profond désaccord quant à l’embauche
de contractuels.
Sur
ce dernier sujet il est indiqué côté MEDD que des aménagements du texte ont été
mis en place au Sénat pour cadrer l’aspect recrutement. Si nous avons bien
compris, L’autorité de sureté nucléaire sera soumise
aux mêmes règles de recrutement que la fonction publique.
Conclusions :
Le
SUI constate que toutes les réformes entreprises vont dans le sens de la
poursuite des restrictions budgétaires et des réductions de fonctionnaires,
cautionnant en cela le démantèlement à terme de la fonction publique à la
française.
Sur
le sujet qui touche plus directement les DRIRE, à savoir le rapprochement
DRIRE/DIREN, le SUI a réaffirmé sa position, à savoir pas d’opposition de
principe sous réserves de respecter les conditions énoncées précédemment dans
ce compte rendu.
Quant à la mise en œuvre des suites des expérimentations (prolongement des expérimentations, élargissement du nombre d’expérimentations, fusion totale des 2 services etc.) il semble, d’après le calendrier indiqué, que les choses pourraient aller très vite (avant la fin de l’année très probablement).
Pour de plus amples renseignements n’hésitez pas à contacter
l’un ou l’autre des participants à cette réunion.