Compte rendu réunion sur les
règles de gestion
des personnels gérés par la
DARQSI
10 avril
2007
En
juin 2006 une première réunion a eu lieu sur ce sujet avec les organisations
syndicales. Le compte rendu qui vous a été fait à l’époque mettait en avant de
profonds désaccords avec de surcroît la désagréable sensation que tout avait
été verrouillé préalablement avec les syndicats membres de l’UNSP, les autres
syndicats étant consultés pour la forme.
Pour
rappel, ne sont concernés par ces règles de gestion que les corps techniques
gérés par la DARQSI, à savoir le corps des ingénieurs de l’industrie et des
mines (IIM), des techniciens supérieurs de l’industrie et des mines (TSIM) et
celui des techniciens du MINEFI (TM).
Organisée
dans la précipitation (documents de travail arrivés la veille du week-end de
Pâques), cette réunion n’a traité que des règles de gestion du corps des TSIM.
Ont
participé pour la DARQSI : M.M. KOPACZEWWSKI et BOHERO
Pour
le SUI : A. XIMENES, T. GODINEAU, P. LONGE, J.J HUET
A
noter la présence massive du SNATIM qui avait déplacé pour l’occasion une
grande partie des membres de la CAP du corps.
La
DARQSI ouvre la réunion en rappelant les principaux objectifs de la
démarche : affichage des règles afin de permettre aux agents d’organiser
leur plan de carrière, harmonisation des pratiques, transparence du système,
équité, etc. Elle indique qu’une démarche similaire sera très prochainement
proposée aux organisations syndicales pour le corps des IIM (fin du mois
d’avril). L’objectif est d’établir des règles communes à l’ensemble des
corps. Quant à celui des TM la DARQSI déclare « … ne pas les oublier … » sans autre commentaire sur un éventuel
calendrier de consultation.
Après
quelques remarques liminaires du SNATIM, le SUI est intervenu. Il a déclaré
qu’il lui paraissait inconcevable de vouloir mettre en place des règles de
gestion communes à tous les corps techniques alors que les statuts, les
responsabilités et les rémunérations ne sont pas les mêmes.
Il
est en revanche tout à fait favorable à ce que sur les grands sujets liés
notamment à la mobilité (durée minimale dans chaque poste, conditions de
rapprochement de conjoints, etc.) les règles soient identiques et conformes
aux règles en vigueur dans la Fonction Publique.
Il
demande enfin que les règles définitives qui seront arrêtées à l’issue de la
consultation fassent l’objet d’une présentation officielle pour validation (ou
non) lors d’un CTPS.
Une
déclaration liminaire est ensuite lue pour :
-
dénoncer
la position de l’administration lors de la dernière CAP des TSIM qui a refusé à
4 collègues anciens experts la possibilité de retour auprès de leur famille
alors qu’aucun autre candidat ne s’était présenté,
-
demander
solennellement de revoir la position prise
-
dénoncer
que les autres corps techniques dont celui des TM soient oubliés
-
indiquer
notre profond désaccord avec les propositions formulées
-
demander
que les règles applicables soient conformes aux règles de la Fonction Publique
et calquées sur celles des différentes directions du MINEFI
La
CFDT a eu quant à elle des propos assez durs pour dénoncer l’attitude de
l’administration sur ce dossier.
Le
débat a été long à s’engager car la DARQSI n’a pas voulu répondre aux
différentes interrogations posées comme par exemple le comparatif des pratiques
des autres directions du MINEFI, la validation du document en CTPS.
Le
SUI a par ailleurs fermement réagi aux propos de la DARQSI qui n’a cessé
d’évoquer, pour justifier sa démarche, le mot « équité ». En effet le
SUI considère que les actes passés démontrent que l’administration n’a pas
brillé par ses positions « équitables » et que les modalités définies
au projet ne laissent rien augurer de bon dans la mesure où à pratiquement tous
les niveaux l’administration s’est aménagée des portes de secours lui
permettant de faire ce qu’elle veut.
La DARQSI n’est
bien évidemment pas d’accord avec cette interprétation et confirme qu’elle
n’envisage aucune validation officielle si ce n’est une présentation à la CAP.
Le SUI s’insurge contre cette affirmation considérant qu’il n’est pas du
ressort de la CAP d’acter des règles, mais de les appliquer. Enfin, si
présentation il devait y avoir, il demande que cela soit fait en présence de
l’ensemble des syndicats ayant déposé des listes aux dernières élections comme
cela se pratique au MINEFI (pré CAP).
Après
ces propos introductifs assez longs, le document de travail transmis par la
DARQSI est mis en débat. Vous trouverez en pièce jointe une copie de ce
document qui n’est à ce stade qu’un
projet.
Paragraphes
1 et 2 : aucun
commentaire
Paragraphe
3 : l’administration
confirme que pour les TSIM issus du concours la durée minimale à respecter
avant de pouvoir être muté est de 3 ans après
titularisation soit en réalité 4 ans. Cette disposition est prise pour
limiter le « turn over » trop important dans les régions « non
attractives ».
Cette
durée est en revanche ramenée à 2 ans et 6 mois en cas de rapprochement de
conjoints, année de stage comprise.
Sur
le plan général le SUI se déclare être totalement opposé aux dispositions de ce
paragraphe et réaffirme sa volonté de voir s’appliquer les règles en vigueur
dans la Fonction Publique et rien d’autre.
S’agissant
de la prise en compte ou non, selon le cas, de l’année de stage dans
« l’ancienneté » sur un poste, le SUI se dit scandalisé. En effet
pour lui l’année de stage est reconnue officiellement comme étant une période
ouvrant des droits à avancement et à retraite, il ne comprend pas pourquoi en
matière de mobilité cela ne serait pas le cas. La position proposée est
discriminante et certainement attaquable sur le plan juridique.
Par
ailleurs le SUI déclare que les agents n’ont pas à faire les frais des
difficultés rencontrées par l’administration en matière de désaffection de
certaines DRIRE. Ces difficultés doivent pouvoir trouver des solutions par des
formes d’incitation plutôt que des dispositions pénalisantes.
Enfin,
pour conclure sur ce paragraphe, le SUI propose de surseoir à la notion
d’ancienneté minimale dans un poste pour être « éligible » dès lors
qu’un agent est seul à postuler sur un poste. Cela est d’autant plus vrai
lorsqu’il s‘agit d’une demande de rapprochement de conjoints.
La
DARQSI n’a pas répondu à ces propositions.
Paragraphe
4 : pour l’anecdote
les syndicats font remarquer le caractère très consensuel proposé pour la
détermination de la première affectation « … à la seule initiative de l’administration… ».
De
la même manière ils relèvent que la rédaction qui prévoit que les premières
affectations sur des postes de B suite à promotion se fassent en « … privilégiant la mobilité professionnelle
par rapport à la mobilité géographique … » est un droit !
La
DARQSI est également questionnée sur la phrase « l’adéquation entre le profil des lauréats et le contenu des postes peut
néanmoins justifier certaines affectations ». pas
de réponse satisfaisante de l’administration confirmant ainsi les propos du SUI
sur les portes de secours aménagées pour lui permettre dans tous les cas de
justifier ses choix.
Le
SUI propose que soit introduit dans ce paragraphe une notion permettant un
traitement différencié pour les agents en recherche de poste et qui sont
directement touchés par une réforme.
Paragraphe
5 : des difficultés
d’interprétation sont mises en lumière concernant les notions d’ancienneté et
d’échelon. En effet de nouvelles dispositions de la Fonction Publique
permettent maintenant pour des agents en provenance du privé de prendre en
compte tout ou partie de leur ancienneté dans leur poste. Dans ces conditions
faut-il prendre en compte l’ancienneté dans la Fonction Publique au détriment
de l’échelon ?
Même
dilemme pour les Techniciens Supérieurs Principaux qui postulent sur des postes
de premier niveau comme les Techniciens Supérieurs 1er grade.
Faut-il accorder priorité au principal, prendre en compte l’ancienneté,
accorder priorité pour les cas de rapprochement de conjoint ?
Sur
ce sujet et malgré l’opposition du SNATIM, la DARQSI semble fondée à ne pas
vouloir faire de différence entre TSIM
et TSPIM car il s’agit pour elle du même niveau d’emploi. Elle propose
de demander une expertise juridique de la Loi de 1984.
Le
SUI considère quant à lui que la notion de rapprochement de conjoint doit
prévaloir et réaffirme sa demande de voir supprimer toute notion d’éligibilité
dans ce cas, tout particulièrement lorsqu’il n’y a pas concurrence.
Le
SUI relève enfin qu’une partie des difficultés soulevées sont liées au statut
particulier qui serait certainement plus adapté s’il ne comportait que deux
grades.
Paragraphe
6 : le SUI se déclare
être opposé au système proposé déjà en place, notamment la commission
d’évaluation qui vient s’ajouter au premier niveau de sélection réalisé par les
directeurs les plus à même à juger des compétences et des aptitudes des agents.
Il demande également les fondements juridiques de cette décision en sachant que
le statut ne le prévoit pas, la seule voie d’accès
étant la liste d’aptitude.
Le
SUI relève également l’ambiguïté soulevée entre d’un côté le fait d’avoir tenu
au moins 2 postes différents pour être éligible et de l’autre côté le fait que
l’on spécialise de plus en plus les agents, synonyme de durée généralement plus
longue dans les postes.
La
DARQSI explique que le but de la commission est d’évaluer l’aptitude d’un agent
à tenir un poste de deuxième niveau précisant que la sélection des DRIRE
pouvait se révéler faillible et non homogène. Il est indiqué à cet égard que la
DARQSI se réserve le droit de modifier les propositions des DRIRE.
Les
organisations syndicales font remarquer les dérives induites par la
« prime à la mobilité » qui conduit à ne pas reconnaître
nécessairement la compétence au profit de la mobilité. Il est également soulevé
les difficultés rencontrées par des agents proposés par leur directeur et qui
perdent ce bénéfice lors d’un changement de région.
Le
SUI conclut ce sujet en demandant les pratiques prévues pour promouvoir un
agent qui serait permanent syndical. La DARQSI n’ayant formulé aucune réponse,
nous pouvons penser que ce cas de figure est inenvisageable au sein de notre
réseau !
Paragraphe
7 : pour les
syndicats ce paragraphe est la goutte d’eau de trop. En effet, ils considèrent
qu’un agent qui remplit déjà des fonctions de deuxième niveau, qui a fait
l’objet d’une première évaluation par la commission, n’a pas à être évalué à
nouveau pour tenir un autre poste de niveau équivalent.
Les
explications de la DARQSI n’ont absolument pas convaincu les syndicats, en
particulier lorsqu’il a été dit que lors des secondes évaluations certains
agents pouvaient s’avérer « moins bons » que lors de la première
évaluation.
Le
SUI a violemment réagi qualifiant ces propos de provocateurs. Il a proposé que
ce paragraphe soit purement et simplement supprimé, la mobilité des TSIM
deuxième niveau devant être traitée comme les autres agents de ce corps.
La
DARQSI s’y oppose.
Paragraphe
8 : la DARQSI n’a guère
été loquace sur le sujet. Elle s’est refusée à quantifier le nombre postes
offerts au principalat en précisant d’une part qu’il ne fallait pas que cette
voie vienne pénaliser les agents plus jeunes qui ont passé des concours et des
examens, d’autre part que le nombre serait conditionné par le ratio promu
promouvable réajusté chaque année.
Malgré
le manque de lisibilité, le message est parfaitement clair, la voie du
principalat va exister, la DARQSI se réservant le droit de l’utiliser (ou non)
à sa guise.
Les
syndicats ont une nouvelle fois insister sur le fait qu’il fallait être
particulièrement attentif au déroulé de carrière des agents potentiellement
visés car les nombreuses modifications d’organisation peuvent conduire ces
agents à avoir tenus plusieurs postes sans nécessairement avoir changé
d’affectation.
Paragraphe
9 : idem que précédemment,
la DARQSI se refuse à fixer un quota précisant qu’il s’agissait là d’une
avancée.
Le
SUI conteste cette affirmation car le coup de chapeau a toujours existé,
quelles que soient les administrations.
Paragraphe
10 : aucun commentaire
Paragraphe
11 : tout était écrit aux
paragraphes précédents sur le sujet des rapprochements de conjoints, le SUI
maintient sa position, à savoir aucune condition
d’éligibilité tout particulièrement lorsqu’il n’y a pas concurrence sur le
poste demandé. Cette vision ne semble pas totalement partagée par l’ensemble
des syndicats.
Paragraphe
12 : le SUI signale à la DARQSI que d’autres positions
administratives peuvent exister comme le congé parental de plus d’un an, le congé de formation, le congé de
longue maladie ou de longue durée, les mises à disposition, etc. qui entreraient
également dans ce cadre. Le SUI demande que ces cas soient traités conformément
aux règles en vigueur dans la Fonction Publique.
Conclusion : 4 heures de réunion avec une
administration qui comme à son habitude cherche à imposer sa vision des choses
en laissant de côté l’aspect humain. Les modifications apportées par rapport à
la version de 2006 sont minimes et ne répondent pas aux souhaits de la plupart
des syndicats. Une véritable usine à gaz est cours de construction où tout sera
permis pour l’administration en fonction de l’interprétation qu’elle souhaitera
donner.
Dans
ce contexte, les futures élections de décembre 2007 s’avèrent déterminantes
pour, si besoin, faire barrage à cette administration. Un espoir tout de même,
l’administration a pris beaucoup de notes, souhaitons qu’elle en tienne compte
pour établir son prochain projet.
Pour ce qui
concerne le corps des Techniciens du MINEFI la réponse de l’administration est
suffisamment explicite pour penser qu’à ce stade ce corps ne constitue plus une
priorité pour elle. Cependant le SUI a
demandé que la réunion les concernant ait lieu avant la fin de ce semestre.
Une
réunion sur le même sujet et concernant les IIM est programmée en fin de mois
d’avril, sauf incident, le SUI envisage de s’y rendre.
Enfin,
à titre d’équité, le SUI demande la mise en application de ces règles de
gestions de manière uniforme à l’ensemble des trois catégories visées, et non
pas au fil des besoins.