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LETTRE OUVERTE À NOS DÉCIDEURS

 

Privatisation des contrôles techniques de poids lourds :

comment, et pourquoi en est-on arrivé là ?

 

Constat :

 

Le SUI et avant lui le GNAPET ont, depuis de trop nombreuses années, alerté nos dirigeants sur la faiblesse des moyens consacrés à cette activité. Les preuves ne manquent pas :

Ø       manque prouvé de personnel d’exécution dans 2 rapports récents du Conseil Général des Mines,

Ø       faiblesse ou retard des investissements pour la rénovation ou la construction de centres de contrôles de véhicules supplémentaires,

Ø       carrières peu attractives pour les personnels concernés,

Ø       prise en compte du seul aspect productiviste et rentable de l’activité, etc.

Le SUI pense à toutes celles et ceux qui se font une autre idée de ce métier.

Le SUI pense à toutes celles et ceux qui, au-delà de leurs différences de fonctions et de grades, ont su construire ce service au travers des différentes mutations et réformes qu’il a subies.

 

Conséquences :

 

Devant la difficulté grandissante pour réaliser cette mission de "contrôles techniques des poids lourds" dans des conditions qui auraient du être revalorisées d’années en années à un haut niveau et non au minimum, de nombreux Ingénieurs et Techniciens en désespoir de promotions, ainsi que des Secrétaires se sont détournés de cette voie,  au profit d’autres moins contraignantes et plus valorisantes. Des jeunes issus du concours que l’on nomme chef de centre sans aucune expérience tant sur le plan de l’encadrement que de la connaissance technique et qui, dégoûté du traitement réservé à cette activité, la fuit dès qu'ils ont atteint la limite des 3 ans de leur « purgatoire » ! On peut les comprendre. Comment ne pas entendre et soutenir les personnels des CCV qui nombreux restent aujourd’hui "bon gré malgré" attachés à cette mission régalienne ? Quant aux subdivisionnaires, pour les mêmes raisons, ils sont totalement  inexistants.

 

En bout de chaîne il y a les Experts techniques, agents de catégorie "C" qui eux n’ont pas le choix et n’ont pas d’autres perspectives de carrière que de finir dans les fosses. Ces agents méprisés restent pourtant attachés à leur mission de Service public. Ils réalisent 96% des visites techniques dans des conditions environnementales difficiles : régulièrement à 3 sur 2 fosses, dans le bruit et la fumée des poids lourds et souvent dans des locaux devenus obsolètes. Ils trouvent face à eux des usagers professionnels du secteur des transports et des entreprises multiples, qui se plaignent inlassablement du manque de moyens en personnels et en matériels. Régulièrement, par l’intermédiaire de leurs organisations professionnelles ils vous le font savoir messieurs les décideurs. Ainsi de manière chronique les délais de rendez vous sur les centres de contrôles augmentent, rendant incompatibles et conflictuelles les exigences de leurs métiers et celles du Service Public !

 

Voici Messieurs les décideurs les conséquences de vos politiques !

 

Veut- on encore seulement nous proposer quelque chose ? Permettez-nous d’en douter !

 

Sur ce sujet rien ne filtre. La DARPMI reste muette. Notre direction de tutelle est sans doute plus soucieuse de sauver l’évolution des carrières de ses cadres plutôt que de maintenir un Service Public de haut niveau et s'inquiéter de l'avenir des autres catégories !


Bilan :

 

Aujourd’hui les agents en ont assez que l’on se moque d’eux. Ils sont très inquiets pour leur avenir professionnel risquant de remettre en cause leur vie familiale. Ils sont aussi très inquiets sur les méthodes qui pourraient être appliquées pour les contrôles techniques par des réseaux privés plus préoccupés par la rentabilité et leur image de marque que par la sécurité de nos concitoyens.

 

Le dernier compte rendu de la réunion des directeurs de DRIRE en date des 19 et 20 mars 2003, fait apparaître que même si le ministre n’a pas encore rendu sa réponse définitive, la direction de tutelle et les DRIRE réfléchissent d’ors et déjà sur l’avenir des agents concernés comme si cette décision était déjà prise ! Non vraiment pour le SUI, il y a trop de choses convergentes pour nous laisser croire qu’il s’agit que d’une énième réflexion sur le sujet. Jamais nous ne prendrons la responsabilité de ne pas dire toute la vérité aux agents des DRIRE. Ce n’est pas le SUI qui ne veut pas entendre, mais bel et bien la DARPMI qui fait la sourde oreille.

 

Nous savons aujourd’hui que les décideurs réfléchissent sur, nous citons le document :

§         "les modalités de contrôles dit de « 2ème Niveau », comprenant également les réceptions à titre isolé,

§         les différentes mesures d’accompagnement pour le personnel concerné,

§         le travail technique avec le Ministère des Transports pour l’établissement d’un cahier des charges pour les réseaux privés,

§         un dispositif d’écoute et de dialogue à mettre en place pour les agents concernés, il est demandé à chaque directeur de DRIRE d’identifier un correspondant local,

§         une équipe projet est mise en place", pour ce que vous osez appeler une « pré-étude » avec un chef de projet qui est déjà nommé et un correspondant local qui ne sauraient tarder ! Pour le SUI cela ressemble fortement à une cellule de reclassement avec toutes les dérives que malheureusement l’actualité récente nous rappelle ! Voilà ou nous en sommes.

 

Qu’allons nous faire :

 

Mercredi 9 avril le SUI et la FDSU rencontrent Monsieur PARINI Secrétaire Général du MINEFI pour évoquer cette situation. Le SUI pose dès maintenant la question suivante :

"Monsieur le Ministre considérez-vous que les promesses électorales du gouvernement dont vous faîtes partie, rendent obligatoire une décision qui va irrémédiablement marquer la vie d’une poignée de fonctionnaires ? Considérez-vous que cette orientation ne va pas à l’encontre des promesses de Monsieur le Président de la République en ce qui concerne la sécurité routière ?"

 

Le SUI réitère ici son refus de voir sacrifier un service dont le seul défaut est de n’avoir pas assez de moyens par rapport à l’exercice de sa mission : LA SÉCURITÉ DES PERSONNES ET DES BIENS, ce n'est pourtant pas faute au GNAPET puis au SUI d'avoir dénoncer ces problèmes !

 

Nous refuserons tous traitements individualistes des agents qui pourraient être touchés s’il y a privatisation des contrôles techniques de poids lourds.

 

Le SUI veillera à ce que tous les agents soient traités de manière équitable et dans le respect de leur statut de fonctionnaire d’État.

 

Le SUI tiendra informé l’ensemble des agents, adhérents, sympathisants des décisions prises et se réserve le droit d’entreprendre toute action qu’il jugera utile pour défendre les intérêts de toutes et de tous.

 

Nîmes, le 8 avril 2003

 

Le Secrétaire Général du SUI

            JP FRILEUX

 

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