REFORME
DES RETRAITES
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CONTRE ARGUMENTAIRE SUCCINT A LA PROPAGANDE GOUVERNEMENTALE
Bref rappel
Le 17 décembre 2002, la
Commission Européenne a adopté un "rapport d'évaluation des stratégies
nationales en matière de pensions adéquates et viables". Ce rapport
indique que "le rythme des réformes
est trop lent pour atteindre les objectifs de Stockholm et de Barcelone (…) et
permettre de relever de 5 ans l'âge effectif de départ à la retraite d'ici
2010". Et concernant plus particulièrement la France, il est mentionné
que "de nouvelles réformes de grande
ampleur sont nécessaires." Chacun pourra apprécier qui est
l'ordonnateur de cette réforme.
Présentation du dispositif et dialogue social
Dans le texte de
présentation des dispositions de la réforme en date du 7 mai, dès les premières
lignes, il est indiqué que "les
aspects de la réforme concernant les fonctionnaires ont donné lieu à un
dialogue intense avec les organisations syndicales : F. Fillon et J.P Delevoye
ont reçu à 2 reprises les confédérations syndicales, en février et en avril. M.
Delevoye ayant tenu pour sa part 2 cycles de rencontres avec les fédérations de
la F/P…". Le dialogue "intense" n'est pas apprécié de la
même façon de chaque côté de la table des négociations.
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Basses
pensions : le fait qu'en 2008 la retraite d'un salarié ayant une
carrière complète au SMIC ne soit pas inférieure à 85% du SMIC net correspond
quasiment déjà à ce qui existe aujourd'hui. De plus, il est à noter que ceux
qui n'auront pas leurs 40 annuités, subiront la règle future de décote.
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Longues
carrières : c'est à dire la possibilité de départ anticipé de 56 à 59
ans pour les salariés ayant commencé à travailler à 14, 15 ou 16 ans et ayant
cotisés 42 ans. Elle ne bénéficiera qu'au plus à 300 000 personnes alors que
850 000 sont normalement concernées. De plus, la barre des 40 annuités est là
aussi bafouée.
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Évolution
des pensions : les pensions de retraite du secteur privé et du secteur
public suivront l'évolution des prix à la consommation, alors qu'actuellement
les retraites des fonctionnaires sont indexées sur la valeur du point d'indice.
C'est la confirmation d'un décrochage accéléré des retraites par rapport aux
salaires puisqu'elles seront détachées de l'évolution des actifs.
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Instauration
d'une décote pour les fonctionnaires : C'est un véritable malus qui
pèsera lourdement sur le niveau des pensions.
Pour le secteur privé
: déjà existante depuis 1993, elle serait ramenée à 5% progressivement à
compter de 2004. C'est une des rares mesures positives du projet de loi.
Pour les fonctionnaires :
une décote de 5% par année manquante à partir de 60 ans sera progressivement
instaurée à partir de 2006. Une telle décote amènera, de fait, une baisse non
négligeable du niveau des pensions.
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Référence
du calcul de la pension des fonctionnaires : maintien des 6 derniers
mois pour le calcul de la pension. Cette mesure est largement symbolique pour
la grande majorité des personnels et tout particulièrement pour les plus basses
catégories.
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Primes
des fonctionnaires : Instauration d'un régime de retraite
complémentaire instauré dans la F/P sur la base des primes dans la limite de
20% du traitement indiciaire avec un taux de cotisation salariale de 5%. D'une
part, tous les fonctionnaires n'ont pas de primes et d'autre part, il ne s'agit
pas d'une intégration, même partielle, des primes pour les retraites.
S'agissant d'un régime par point, il n'y a aucune garantie sur le montant de
cette retraite complémentaire, contrairement à ce qui aurait été le cas si les
primes avaient été intégrées pour le calcul de la retraite. De plus, les
personnels devront cotiser plus et subiront donc obligatoirement une baisse de
leur pouvoir d'achat.
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Fonction
publique hospitalière : Les primes des aides soignantes seront prises
en compte dans le calcul de leurs pensions à hauteur de 10% de leur traitement.
C'est l'une des quelques concessions gouvernementales.
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Bonification
pour enfants : fonction de la naissance de l'enfant avant ou après le
1.01.04 tous fonctionnaire (H et F) soit bénéficiera d'un an de bonification à
condition d'avoir interrompu son activité au moins 2 mois, soit la bonification
fictive d'1 an sera remplacée par une validation des périodes d'interruption.
Là aussi on ne peut dire que c'est une avancée sociale pour les familles ayant
de faibles revenus ou tout simplement des sorties d'argent mensuelles assez importantes
car elles souhaiteront reprendre leur activité le plus rapidement possible.
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Durée
des services : jusqu'alors exprimée en annuités, rémunérées à 2% chacune,
elle sera à l'avenir exprimée en trimestre (160 trimestres maximum soit 40 ans)
au taux de 1,875% par annuité en 2008.
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CPA
: Si la rémunération des agents en CPA progresse de 5% pour passer à
60% du traitement, l'âge d'entrée en CPA passera progressivement de 55 à 58 ans
d'ici 2008. Après la mise en extinction du CFA, la diminution de la durée de
passage à mi temps des fonctionnaires est là aussi une régression sociale.
Jusqu'à ce jour la possibilité dès 55 ans de bénéficier de cette mesure
sociale, permettait à certains agents travaillant en milieu difficile non
reconnu comme pénible de pouvoir physiquement mieux supporter les dernières
années avant la retraite.
Bien d'autres points
pourraient être évoqués et où il serait là aussi facile de démontrer la
régression sociale qui attend les futures retraités, comme par exemple le
rachat des périodes d'auxiliaire, l'allongement de la durée de cotisation qui
va conduire d'une part à remettre en cause la retraite à 60 ans compte tenu de
l'entrée tardive dans la vie active, et d'autre part à amputer au bout du
compte le niveau des retraites, le relèvement des cotisations (actuellement de
7,85%) dès 2004 de 0,5% pour tendre vers les mêmes taux que le privé
(10,35%), etc.
Et pourtant il existe
des solutions alternatives qui ne conduisent pas à des reculs sociaux. Le
Conseil d'Orientation des Retraites (COR) a lui-même calculé que l'abrogation
des mesures Balladur de 1993, nécessiteraient uniquement une augmentation des
cotisations de 0,37% par an jusqu'en 2040.
En dehors de la notion
"mercantile" omniprésente dans ce projet de réforme, l'allongement de
la durée du travail pose le problème
d'une seconde carrière des agents et les difficultés physique et psychologique
dans un certain nombre de métiers. Dans le 1er cas, dans un rapport
de juillet 2001, Serge Vallemont, ancien haut fonctionnaire, préconisait
d'offrir un choix à partir de 40-45 ans. S'agissant des personnels de
catégories B et C, la démotivation observée à partir de 50 ans s'explique par
le fait que leur vie professionnelle ne présente plus de perspectives en terme
de responsabilité et d'avancement. Alors quoi dire si les agents sont dans
l'obligation financière de prolonger leur carrière d'au moins 5 ans !
Quant à croire que le
système par répartition est sauvé les propos sont trop sécurisants et
médiatiquement trop bien présentés pour être sûrs. En réalité dans un 1er
temps, on baisse le montant des pensions, dans un deuxième temps, on encourage
ceux qui ont les moyens à avoir recours à la capitalisation pour compléter leur
retraite, dans un 3ème temps, on met en place des exonérations
fiscales et sociales pour faire en sorte que la minorité qui le peut engage une
partie de ses revenus, sur les marchés financiers enfin dans un 4ème
temps, les mêmes exonérations sapent les sources de financement des
fonctionnaires. Le processus de capitalisation est engagé. Que chacun se
souvienne de ce mécanisme.
Ce sont véritablement 2
choix de société qui s'affrontent.
En quelques lignes,
voilà vers où sont entraînés un ensemble d'agents du privé et du public en
pleine force de l'âge. Voilà ce que nous allons transmettre à nos enfants. A
charge à chacun bien informé du contenu de la réforme, de la soutenir ou non.